Qu’est-ce que performer et être productif aujourd’hui ?

Dans le dictionnaire, le mot Performant « se dit de quelqu’un, d’une machine, d’un produit, d’une entreprise qui obtient des résultats remarquables eu égard aux moyens mis en œuvre.» On parle ici de résultat chiffré, d’exploit, de prouesse de possibilité de rendement optimal. En entreprise et dans le monde des affaires, on y relie souvent la capacité d’utiliser son savoir-faire pour accomplir de grandes choses et ce, en utilisant le moins de ressources possibles (financières et humaines) et dans le plus court lapse de temps.

Est-ce bien cela performer aujourd’hui ? Et si on prenait la décision de mettre le savoir-être au cœur de la performance ? Derrière le désir des entreprises d’aller plus loin, d’innover, d’atteindre une meilleure productivité, il y a l’humain, ressource essentielle à la réalisation durable du plein potentiel de performance. Idée plus ou moins sexy me direz-vous dans une ère où la technologie est reine, où le temps nous manque pour accomplir ce qui est devant nous et où la rentabilité est souvent limitée à la santé financière.

J’assistais au Sommet de la performance, jeudi dernier le 27 avril à l’hôtel LeWestin Montréal, avec environ 200 autres décideurs, gestionnaires et dirigeants de divers secteurs et industries. Tous étaient rassemblés pour mieux comprendre et intégrer divers outils nécessaires pour stimuler la performance de leur organisation en lien avec les nouvelles tendances.  En tant que spécialiste de l’accompagnement à l’innovation, j’étais très heureuse de constater que ces professionnels voyaient un intérêt à promouvoir l’approche comportementale humaine, base de ces trois conférences, plutôt que de focaliser simplement sur l’aspect technique, les processus ou la technologie. C’est souvent là que l’entreprise se sécurise, étant donné que ces éléments sont généralement connus et, même si complexes à intégrer en entreprise, restent plus faciles à apprivoiser une fois les diverses étapes comprises et maitrisées.

Je vous fais donc un bref résumé des notions qui m’ont le plus marquée lors de ces trois conférences. J’espère que cela vous servira dans vos organisations pour voir l’approche de performance sous un œil plus humain et durable.

Sommet de la performance : les notions importantes à retenir

3 questions à se poser pour débuter la réflexion:

  • Connaissez-vous et mesurez-vous l’atteinte de KBI (Key Behaviour Indicators) pour évoluer vers une gestion plus performante? Où en êtes-vous à ce niveau ?
  • Mettez-vous suffisamment de l’avant votre savoir-être ? Quelles compétences évaluez-vous qui ne nécessitent ni talent, ni argent et contribuent à une performance durable?
  • De quelle façon utilisez-vous la créativité pour stimuler la performance dans votre entreprise ?

Si vous avez répondu non ou que vous avez de la difficulté à élaborer une réponse à l’une de ces questions, poursuivez votre lecture. Ces informations vous seront fort utiles.

Conférence 1 :  La gestion 2.0 : Les KBI

Jean-Philippe Raiche, associé chez Proaction International nous a expliqué pourquoi il est important de savoir maitriser les comportements humains pour arriver plus rapidement aux résultats.

La plupart des entreprises possèdent des KFI (Key Financial Indicators). Ici, on se situe au niveau de l’approche d’affaires stratégique pour mesurer la rentabilité. Pour d’autres, l’évaluation de KPI (Key Performance Indicators) est intégrée dans leur pratique. On mesure les notions qui permettent de mettre les bonnes pratiques en place et d’avoir de bons résultats. Toutefois, peu d’entreprise en sont rendues à mesurer les KBI. Étrangement la maitrise comportementale est un élément central pour devenir un champion dans votre domaine. C’est ce qui permet à vos gestionnaires d’optimiser leur valeur ajoutée en réduisant l’écart entre la performance réelle et le potentiel de l’organisation.

Pour mieux comprendre, faisons un parallèle avec le domaine du sport. Pour les athlètes de haut niveau, gagner une compétition est le résultat de la modification de plusieurs comportements qui mène vers des changements durables et des effets positifs à long terme. Lorsqu’on observe et mesure les signes vitaux, les heures de sommeil, les meilleurs aliments à manger pour maximiser ses énergies,  les moments optimaux pour un type d’entrainement particulier, etc, on apprend et intègre ce qui a le plus d’impact à la maximisation de notre réussite. On module ainsi son comportement pour être plus performants et atteindre plus efficacement le résultat recherché, soit ici ultimement gagner les jeux Olympiques, rêve partagé par la plupart des athlètes de haut niveau.

En entreprise, on n’a pas encore complètement intégré l’importance de la mesure des comportements humain pour déterminer la valeur créée par le gestionnaire et cet impact sur la performance organisationnelle. L’humain étant plus à l’aise dans le connu, en établissant des étapes d’évolution pour transformer les comportements on peut donc aller plus vite et être plus performant, toujours selon M. Raîche.

Voici les 5 étapes d’évolution à franchir pour atteindre une gestion optimale du gestionnaire et de ses équipes:

La mesure du comportement se fait à travers une série d’indicateurs qui permettent d’évaluer les progrès des gestionnaires à travers leur processus de transformation. Sachant que des recherches ont démontré que 80% des performances sont déterminées par plusieurs petites actions, il devient donc pertinent de changer plusieurs de nos comportements pour atteindre les résultats voulus.

 

Conférence 2 :  Le travail

Professeur à l’UQAM et auteur, Michel Coupal nous a démontré par le biais de diverses anecdotes savoureuses que le savoir-être est au cœur de la performance. Aujourd’hui, il nous faut développer autant notre savoir-être («Soft skills») que notre savoir-faire («Hard skills»).

Le point de départ pour optimiser sa performance, selon M. Coupal, est de prendre conscience des enjeux et de garder l’esprit ouvert. Il sera sans doute nécessaire de réajuster ses comportements selon les situations, mais il faut surtout être capable d’admettre s’être trompé sans chercher à avoir raison, réévaluer avec de nouvelles informations et se repositionner.  Pour y arriver, il faut réussir à dédramatiser la situation, faire preuve d’humilité face à ces nouvelles données et ainsi demeurer performant.  Mais effectuer cette ouverture face à l’inconnu, c’est aussi accepter d’apprendre, d’évoluer et avant tout d’être déstabilisé. C’est le cœur même de la réussite face à l’innovation, soit sortir de sa zone de confort. Laisser de côté ses souliers confortables pour en chausser de nouveaux et ainsi profiter de la nouvelle vision d’ensemble qu’ils nous procurent.

J’espère que cela vous servira dans vos organisations pour considérer l’approche de performance sous un œil plus humain et durable.

Conférence 3 :  La créativité et la performance

Pour clore cette trilogie de conférences sur la performance, comment ne pas aborder la créativité, moteur de solutions permettant à votre entreprise de se démarquer et de performer.  Roch Fortin, producteur et réalisateur international connu pour sa rapidité à trouver des solutions créatives pour différentes émissions de divertissement (Entre autres, «So you think you can dance», «Surprise sur prise», «Fort Boyard», etc.) nous a entretenu sur ses expériences et des pistes de réflexion pour  mobiliser la performance.

Tout d’abord, M. Fortin nous rappelle un élément essentiel « Le chaos fait partie de la vie, il faut lui faire de la place». Le défi se situe dans la capacité de votre organisation à générer, stimuler et gérer le flot d’idées tout en mobilisant vos effectifs pour trouver de nouvelles solutions.  Le Canada semble bien se débrouiller puisque nous sommes au 4ème rang en terme de créativité, devancé par l’Australie,  les USA et la Nouvelle Zélande.

Or, comment mobiliser vos équipes afin d’accroitre la créativité ? Les vecteurs de base pour déclencher le processus créatif sont simples :

  • Générer des moments propices à la création pour identifier des idées astucieuses. N’hésitez pas à déclencher la créativité par des chocs d’idées.
  • Pratiquer l’écoute active, la solution vient souvent des gens autour de vous et ce n’est pas toujours l’avenue la plus plausible ou évidente d’entrée de jeu qui est gagnante. N’écartez pas toutes les possibilités à cette étape. Sortez des sentiers habituels et permettez-vous de voir grand. Une idée reste fragile, donc cela requiert un bon dosage entre souplesse et rigidité pour atteindre cet équilibre créatif.
  • Analyser et ajuster votre idée. La première idée peut mener à d’autres approches et déclencher la solution finale. Une réflexion est de mise à cette étape pour évaluer comment elle pourrait vivre plus loin dans le processus. Évaluer la puissance de l’idée et clarifiez là.
  • Finalement une idée que l’on ne peut pas concrétiser ne reste qu’une idée. Il faut l’exécuter, car ce qui compte au final est le résultat.
Fortin nous suggère 5 questions clés à se poser pour savoir si une idée est bonne et performante:
  1. Cette idée a-t-elle un potentiel de succès?
  2. Quel niveau de risque représente cette idée?
  3. Cette idée est-elle en lien avec la raison d’être de l’entreprise?
  4. Cette idée est-elle complexe à réaliser?
  5. Cette idée procure-t-elle un engagement, des papillons dans le vente, un «feeling» difficile à décrire?

Si votre idée se retrouve au centre des éléments du triangle décisionnel (créativité, temps et capacité), il y a de forte chance que votre idée réponde positivement aux questions précédentes. Un outil fort utile et convivial à utiliser.

Bref, des solutions innovantes et performantes se situent souvent dans un juste équilibre entre la créativité, la capacité et le temps.

À la sortie de ces conférences, il va sans dire qu’on perçoit l’idée de la performance d’une autre manière. Et vous, où en êtes-vous dans la création de performance dans votre entreprise ? L’évolution des comportements de vos gestionnaires est-elle mesurée, permettez-vous l’erreur et mettez-vous de l’avant des moments pour déstabiliser vos gens tout en vous assurant de leur donner le temps de se réajuster et de revenir avec une nouvelle vision? Finalement, est-ce que la créativité est un moteur important de votre performance ? Vous permettez-vous de chercher des solutions provenant d’endroits ou de personnes insoupçonnés pour vous démarquer ?

Indéniablement, cette conférence a donné matière à réflexion.

nb: Ce texte a été initialement rédigé pour le site « LIME : Plateforme d’affaires rafraichissante » et adapté aux fins de ce blogue.

Magali Pelletier est entrepreneur, stratège et formatrice. Elle Cumule plus de 15 ans d’expérience professionnelle en entreprises manufacturières et de services comme spécialiste en gestion marketing et stratégie de développement de produits. Consultante depuis 2013, elle offre des services de consultation, des formations sur les grands thèmes actuels en gestion et développement de l’innovation et effectue des études d’opportunités pour explorer de nouvelles idées ou marchés. www.strategiemp.com

Sources :

  • Communiqué Sommet performance : Le rappel, imaginé et crée par Proaction international, Émilie Couturier
  • Conférences marquantes – Sommet de la performance
  • http://leanunlimited.com/why-use-kbi